Les sporebiotiques, des super probiotiques efficaces contre le candida albicans

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Vous connaissez bien les probiotiques dont les effets bénéfiques sont aujourd’hui largement documentés, tout du moins en ce qui concerne les bactéries lactiques (LAB), comme celles des genres Lactobacillus et Bifodobacterium. Mais connaissez-vous les sporebiotiques : ces bactéries, du genre Bacillus notamment et plus spécifiquement Bacillus subtilis, qui sont capables de former des spores ayant un effet probiotique ? Différentes recherches ont pu mettre en évidence leur activité immuno-modulatoire, antimicrobienne, anti-oxydante, anti-inflammatoire, et garante d’une bonne flore intestinale, en veillant à l’exclusion des pathogènes. Tout ceci étant piloté depuis notre petit intestin. Je vous propose de voir ensemble comment ça marche. 

Une petite présentation générale avant d’entrer dans le vif du sujet

Le genre Bacillus, dont Bacillus subtilis, fait partie de la branche phylogénétique (branche de la génétique traitant des modifications génétiques au sein des espèces animales ou végétales) des Firmicutes et correspond à des bactéries Gram positives (les bonnes). Elles sont dites aérobies strictes ou facultatives (elles aiment l'oxygène) et sont habituellement présentes dans le sol. Mais pas que, et c’est tout l’intérêt de ces micro-organismes, comme nous allons le voir en détail ensuite. Ces bactéries ont la particularité de produire, pour se protéger face à des conditions environnementales drastiques, des spores extrêmement résistantes.

Pour recevoir la qualification de probiotiques, les souches de Bacillus doivent être capables de remplir trois fonctions principales : tolérer les stress du tractus gastro-intestinal, avoir une bonne adhésion et posséder des propriétés biothérapeutiques. Trois fonctions qu’elles remplissent avec succès, vous le verrez. Mais commençons tout d’abord par rappeler ce que sont les probiotiques.

Définis comme « des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquate, confèrent un effet bénéfique à leur hôte »1, les probiotiques font l’objet de toujours plus de recherches scientifiques, tant les domaines qu’ils couvrent sont divers et variés, et d’une attention particulière de tous les citoyens soucieux de soutenir leur microbiote dans sa fonction de leur assurer une pleine santé mentale, cérébrale, physique et psychique.

L’intérêt pour les « microbes bénéfiques » a vu émerger de multiples champs d’application depuis leur introduction par le microbiologiste et immunologiste russe Elie Metchnikoff. Outre ses travaux sur l’immunité, et en particulier la découverte de la phagocytose qui lui valut de recevoir, avec Paul Ehrlich, le prix Nobel en 1908, il est aussi connu pour ses recherches sur les probiotiques. Précisément sur les bactéries qui produisent de l’acide lactique (LAB) et servent à prolonger la vie, disait-il.

Les multiples champs d’application des probiotiques concernent aussi bien la santé animale que la santé humaine.

Trois mécanismes d’action

Les recherches ont pu mettre en évidence les trois mécanismes principaux par lesquels les probiotiques agissaient2. Le premier est immuno-modulatoire et consiste à moduler l’activité du système immunitaire intestinal. Les probiotiques viennent renforcer l’immunité quand elle est faible, au moment du développement du système immunitaire de l’enfant par exemple, ou de son vieillissement chez les personnes âgées. Les probiotiques diminuent également la suractivation du système immunitaire, provoquée par des allergies ou encore des maladies inflammatoires de l’intestin.

Un autre des mécanismes des probiotiques consiste à augmenter la fonction de barrière de la muqueuse intestinale, en accentuant, par exemple, la production de mucus ou des anticorps de type immunoglobulines A, IgA. Ces anticorps jouent un rôle crucial dans la fonction immunitaire des muqueuses. Ils constituent la première ligne de défense immunitaire contre les toxines et agents infectieux présents dans l’environnement. Entre 3 et 5 grammes d’IgA sont sécrétés chaque jour dans la lumière intestinale, ce qui représente jusqu’à 15% de la totalité des immunoglobulines.

Enfin, troisième mécanisme, les probiotiques ont des effets antimicrobiens directs, en prenant la place des bactéries pathogènes et en empêchant leur adhésion aux parois intestinales.

Selon les souches et le but recherché, les probiotiques se révèlent une excellente arme pour soulager le syndrome de l’intestin irritable (SII) ou lutter contre les infections, provoquées par Helicobacter pylori par exemple.

Les bactéries lactiques, dites LAB des genres Lactobacillus (lactobacilles) et Bifidobacterium (bifidobactéries), comptent parmi les principaux probiotiques, et ne produisent généralement pas de spores.

Quand les bactéries produisent des spores

Nombreuses sont les études renseignant le large panel des bénéfices des LAB sur la santé. La littérature est au contraire pauvre sur les effets probiotiques des bactéries qui produisent des spores. Il faut dire qu’elles ont mauvaise réputation, étant souvent associées à des intoxications alimentaires ou à certaines maladies, ce qui génère tant chez les chercheurs que dans le grand public une certaine confusion. Les bactéries du genre Bacillu - notre sujet du jour - évoquent de manière quasi-instantanée la maladie du charbon, provoquée par Bacillus anthracis. C’est le fameux anthrax qui peut en outre se révéler une arme chimique potentielle, comme cela s’est vu en 20013. Il s’agit bien d’une bactérie sporulante pathogène, mais toutes ne le sont pas, bien au contraire.

En effet, si la recherche est pauvre, elle existe tout de même et les données viables qui en ressortent mettent en évidence toutes les propriétés biothérapeutiques précédemment citées de certaines souches de bactéries du genre Bacillus, notamment Bacillus subtilis, l’ « espèce-type » du genre et la bactérie Gram positive la plus étudiée. Son génome a été l’un des premiers à être entièrement séquencé 4.

Ces effets biothérapeutiques sont dus à des spécificités précises des spores bactériennes.

Les bactéries dites sporulantes ont la capacité, en réponse à des conditions défavorables à leur croissance, de former par enkystement, des spores, c’est-à-dire qu’elles s’entourent pour se protéger et survivre d’une membrane capsulaire (ronde ou ovale). Ces spores sont métaboliquement inactives et peuvent survivre sous cette forme longtemps, voire très longtemps, tant que les conditions restent défavorables. Cette période de dormance peut durer plusieurs millions d’années !

Les spores sont extrêmement résistantes, faisant face sans sourciller aux pires conditions drastiques : aux traitements thermiques (de plus de 140 degrés), aux pressions (plus de 4 GPa), à un manque de nutriments, à la plupart des agents antimicrobiens, mais également aux rayonnements UV

Quand les conditions redeviennent favorables pour leur croissance, les spores peuvent retourner à leur état végétatif (via la germination) et coloniser l’environnement par multiplication. Ce retour à l’état végétatif peut, dans le cadre d’espèces pathogènes, être responsable d’un certain nombre de maladies5.

Dans le cadre d’espèces non pathogènes, c’est du tout bénéfice. Et ce bénéfice est connu en santé animale notamment. Les spores bactériennes, dont l’utilisation en tant que probiotiques est renseignée depuis au moins 50 ans, sont employées en prévention des infections gastro-intestinales dans les élevages et dans la lutte contre l’antibiorésistance, avec une utilisation étendue plus récemment dans les industries avicoles et l’aquaculture.

De l’animal à l’humain

Le regain d’intérêt qu’elles connaissent depuis une quinzaine d’années nous permet de comprendre leur cheminement dans notre système digestif et comment leurs effets probiotiques se révèlent.

Nous l’avons dit, les spores sont extrêmement résistantes. Cette extrême résistance leur permet de passer le stress drastique que représente le système gastro-intestinal. Armées de leur bouclier 100% protecteur, elles font face sans aucun dommage au milieu acide de l’estomac, puis aux sécrétions pancréatiques et biliaires, et arrivent enfin, intactes, dans le petit intestin (jéjunum et iléon) où les spores trouvent visiblement des conditions favorables à leur « réveil » parce qu’elles y posent bagage. C’est-à-dire qu’elles se mettent à germer et à se multiplier : elles colonisent, rassurez-vous, pour notre plus grand bien. Pour information sur la fin du trajet, elles resporuleront ensuite dans le côlon, milieu totalement anaérobie.

Ceci étant précisé, retournons dans le petit intestin.

Les recherches ont montré que la souche Bacillus subtilis, particulièrement, remportait le record de résistance aux stress drastiques du tractus gastro-intestinal, avec le plus long temps de séjour dans le petit intestin. Ce sont ces spores germantes, dans le petit intestin donc, qui ont un effet probiotique. Ici, elles travaillent dur à notre bien-être en stimulant notre système immunitaire, produisant des molécules anti-microbiennes, et en modulant la composition de notre microbiote intestinal. Elles encouragent en effet la bonne flore microbienne en stimulant la croissance et la composition d’espèces commensales bénéfiques dans l’intestin, au détriment des pathogènes qu’elles sont capables d’exclure tout bonnement, y compris ceux qui induisent une réponse inflammatoire de la muqueuse intestinale. En ce sens, elles ont également une activité anti-inflammatoire. Elles sont capables d’inhiber le biofilm des pathogènes, ce qui fait qu’ils ne peuvent plus adhérer.

Différentes études ont montré qu’elles étaient capables de rétablir à l’équilibre un microbiote en dysbiose, et même de réparer une muqueuse intestinale endommagée.

Les substances anti-microbiennes produites par Bacillus spp. sont des bactériocines, comme des substances inhibitrices, et des antibiotiques. Les bactériocines constituent une famille de peptides ou protéines synthétisées par certaines bactéries. Bacillus subtilis produit par exemple la subtilisine et Bacillus coagulants, la coaguline.

Bacillus spp. produisent également des substances antibiotiques, comme la surfactine et la bacilysine, ou encore l’aninocoumacine A contre Helicobater pylori. L’activité de cet antibiotique a également été documenté contre Enterococcus faecium et Shigella flexneri.

L’activité antagoniste de Bacillus spp. été explorée contre un large nombre de pathogènes.

Bacillus subtilis var. natto est capable d’inhiber la croissance de Candida albicans dans le tractus intestinal, ce par la production de surfactine.

Une étude récente, a montré que le souche B. subtilis RO179 avait un effet inhibiteur significatif sur la croissance de Candida spp. s’avérant une thérapie alternative contre les candidoses orales.

Bacillus spp. sont également efficaces contre des toxines, comme celle du Clostridium difficile.

Ainsi, nos petites spores germantes de Bacillus spp., dont subtilis, sont très actives et veillent à notre bonne homéostasie intestinale. Mais pas que. Différentes recherches ont montré qu’elles étaient capables d’agir sur des cellules distantes du tractus gastro-intestinal. C’est ainsi que certaines souches de B. subtilis en particulier ont des propriétés anti-cancer6, contre les maladies cardio-vasculaires, ou encore anti-diabétiques et anti-lipidémiques. Qui plus est, elles sont capables d’induire la prolifération de cytokines anti-inflammatoires afin de maintenir l’homéostasie immune. La souche Bacillus subtilis PB6, par exemple, induit des niveaux substantiels d’interleukine 10 (IL-10), la cytokine la plus anti-inflammatoire et une très nette baisse des cytokines pro-inflammatoires.

D’une bactérie du sol à une bactérie commensale…

Outre leur présence en nombre significatif dans le jéjunum et l’iléon, les probiotiques Bacillus subtilis ont également été retrouvés dans les fèces et les biopsies iléales, ce qui renforce l’hypothèse grandissante chez les scientifiques que Bacillus subtilis et probablement d’autres espèces de Bacillus se sont adaptées à la vie à l’intérieur du tractus gastro-intestinal humain, en intégrant une capacité à former un biofilm, à sporuler en conditions anaérobies et à produire des antimicrobiens, et qu’elles devraient être considérées comme des commensaux intestinaux plutôt qu’uniquement des micro-organismes du sol. On a longtemps pensé en effet que la contamination intestinale humaine se faisait par la consommation d’aliments contaminés par le sol. Ce n’est donc pas le cas.

C’est ainsi que vous venez de vous découvrir de nouvelles amies, hébergées par votre microbiote et qui œuvrent à son équilibre, donc au vôtre, et à votre pleine santé.

Côté alimentation, on retrouve les spores et les cellules végétatives (germantes) de Bacillus spp. dans différents aliments fermentés et des végétaux crus. Un large éventail d’espèces Bacillus sont associées à la fermentation naturelle du soja, des fèves, du maïs, du riz, et encore bien d’autres. Par exemple, le natto (Japon), le gari (Afrqiue), le TtapaiUbi (Malaisie), le douchi (Chine), le rabadi (Inde, Pakistan), le soibum (Inde) ou encore l’ugba (Nigéria) figurent parmi les aliments fonctionnels populaires arborant naturellement un combinaison de Bacillus spp.

Différents compléments probiotiques existent également.

Biosporin® contenant B. subtilis 2335 et B. licheniformis 2336 (Biofarm Ukraine) possède une activité anti-microbienne contre Helicobacter pylori.

Des spores de B. subtilis PB6 de AnabanTM ont des effets anti-inflammatoires.

Bacillus subtilis (Super Smart), souche active (I-2745) vient soutenir les personnes fragiles sur le plan immunitaire, les douleurs récurrentes au ventre, surtout après les repas, et les personnes souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

En conclusion, les probiotiques Bacillus présentent un bilan global excellent pour la santé. Il faut toutefois être très prudent quant à leur utilisation chez certaines populations immuno-déficientes : dans le cadre de maladies graves, chez les prématurés et dans les groupes âgés. Il a en effet été relevé, de manière répétitive, des bactériémies, c’est-à-dire la présence de bactéries pathogènes dans le sang circulant, chez des patients immmuno-déprimés traités avec des bactéries sporulantes et d’autres probiotiques.

Alors, à tester en restant vigilant!

Marion Kaplan avec la collaboration de la journaliste Myriam Marino



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Le Floracor est un complexe de probiotiques et de prébiotiques ce qui le classe dans la catégorie des synbiotiques. Les prébiotiques stimulent la croissance et l'activité des probiotiques. Floracor-GI de AST Enzymes utilise la technologie de la germination par les spores, un processus révolutionnaire qui achemine les spores de probiotiques plutôt que la bactérie elle-même.

Les spores probiotiques sont des formes de vie dormantes qui protègent la bactérie de l'acidité ainsi que de la chaleur et du froid extrêmes. Ces spores s'attachent à l'intérieur de la muqueuse intestinale et commencent à germer pour former la bactérie probiotique.

Cette technologie de germination par les spores est une méthode très efficace pour acheminer les bactéries probiotiques dans des conditions loin d'être idéales. Ces spores nécessitent pas d'emballage dans du verre ou la réfrigération. Floracor dispose également d'une formule préventive pour éliminer les levures Candida.

Notes :

1 – OMS/FAO, 2002

2 – Probiotiques : quels sont les bienfaits ? Passeport santé

3 –En octobre 2001, de l’anthrax avait été introduit dans plusieurs lettres adressées à des médias et des hommes politiques aux Etats-Unis. L’une d’elle est arrivée au bureau du sénateur Tom Daschle à Washington.

4 - Kunst et al., 1997

5 - Bacillus cereus est un exemple de bactérie responsable d’infections alimentaires. Ces bactéries sous forme de spores peuvent contaminer des aliments comme le riz, les pommes de terre ou la viande. Elles peuvent alors résister à la cuisson ou au réchauffage. Leur forme végétative peut produire des entérotoxines dans l’aliment ou dans l’intestin de l’homme qui sont responsables de vomissements et diarrhées. Les bactéries du genre Clostridium peuvent aussi provoquer des intoxications aiguës. Ainsi, la forme végétative de Clostridium botulinum produit une toxine thermolabile responsable du botulisme. Clostridium perfringens peut quant à elle provoquer des intoxications via la contamination d’aliments. La sporulation dans l’intestin, suite à l’ingestion, provoquera la synthèse d’entérotoxines.

En plus des intoxications, les bactéries sporulantes peuvent également provoquer d’autres maladies. Ainsi, C. perfringens est également responsable de gangrènes gazeuses post-traumatique, suite à une contamination de tissus blessés par des spores. C’est la germination de C. perfringens qui est responsable de la production de la toxine impliquée (toxine ). Pauline Loison. Étude de la spore Bacillus subtilis : caractérisation des structures impliquées dans sa résistance, Biotechnologies. Université de Bourgogne, 2013

6 – Dans le cancer du sein notamment : une étude a montré que BS (Bacillus subtilis) CSY191 pouvait inhiber la croissance de cellules MCF-7 (la lignée de cellules tumorales mammaires la plus utilisée dans les laboratoires de recherche sur le cancer du sein) de manière dose-dépendante.


2 / 06 / 2021