Pourquoi grossit-on ?

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Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me suis toujours posée la question pourquoi certaines personnes grossissent et d'autres peuvent manger n'importe quoi sans grossir ? Pourquoi est-ce que les femmes ménopausées prennent facilement du poids ? Pourquoi, à alimentation égale, certains enfants sont déjà gros, alors que les autres sont minces ? C'est grâce aux dernières recherches américaines et à de nombreuses publications, notamment du journaliste américain Gary Taubes, (qui vient de publier en français grâce aux éditions Thierry Souccar, FAT pourquoi on grossit), que j'ai enfin compris les causes du surpoids.


Grossir, une question d'hormones


On va tenter d'oublier tout ce qui s'est dit jusqu'à maintenant, et on va aborder cela avec un nouveau regard et un peu de bon sens.

J'ai eu pas mal d'animaux dans ma vie, notamment des chiennes et des chattes et j'avais observé qu'après leur opération des ovaires, celles-ci, quoiqu'on leur donne à manger, se mettaient à grossir. En plus elles quémandaient tout le temps à manger. Il a fallu que Georges Wade de l'université du Massachusetts, fasse une expérience sur des rates. 

Après leur avoir retiré les ovaires, les rates se mirent à manger avec voracité et devinrent rapidement obèses. Donc on pourrait se dire que c'est par ce que la rate mange plus, qu'elle devient obèse! Mais Wade fit une autre expérience : après leur avoir retiré les ovaires il soumit une partie des rates à un régime strict, alors que les autres pouvaient manger à profusion. Le résultat fut incroyable : les rates soumises au régime de restrictions grossirent autant que celles qui pouvaient beaucoup manger. La conclusion est donc évidente : lorsqu'on enlève les ovaires d'une rate, ses tissus adipeux se mettent à absorber les calories présentes dans son organisme et à développer davantage de graisse. Ainsi si l'animal peut manger plus pour compenser les calories que son corps retire de la circulation et stocke sous forme de graisse, il le fait, mais s'il ne le peut pas, il dépensera alors moins d'énergie, car son organisme dispose de moins de calories à brûler. La conclusion de Wade est que : l'animal ne grossit pas, parce qu'il mange trop, mais il mange trop par ce qu'il grossit. En fait, la gloutonnerie et la paresse sont les conséquences de la prise de graisse!

Pourquoi ce phénomène ? Quand on retire les ovaires on prive l'animal de ces œstrogènes. Or, les œstrogènes influent sur une enzyme appelée Lipoprotéine lipase ou LPL (souvenez vous de cette enzyme). Or la fonction de cette enzyme est de retirer de la graisse circulant dans le sang pour l'introduire dans la première cellule capable de la reconnaître. Si c'est une cellule graisseuse, elle lui injecte les graisses et la personne engraisse petite à petit. Mais lorsque cette enzyme est rattachée à une cellule musculaire, elle injecte les graisses dans cette cellule musculaire qui elle, les brûlent pour produire de l'énergie.

Quand on est jeune et fécondable, les œstrogènes inhibent l'activité de la LPL vers les cellules adipeuses. Plus il y a d'œstrogènes dans l'organisme moins cette enzyme enlève la graisse au sang pour la déposer dans les cellules graisseuses, et moins ces cellules accumulent de graisse. En revanche à la ménopause, ou suite à une ablation des ovaires, les femmes sécrètent moins d'œstrogènes et leurs cellules graisseuses se lient davantage à l'enzyme LPL, et même en mangeant la même chose se mettent à prendre du poids. Pour les hommes, c'est la baisse de testostérone qui entraîne le même phénomène. On le verra plus dans un autre article qu'il y a des moyens pour court-circuiter ce phénomène.

Le fait que les hommes et les femmes ne grossissent pas de la même manière, indique que les hormones sexuelles jouent un rôle dans la régulation de la graisse. 


Grossir, une question de gènes


La génétique également joue un rôle important. En effet, les gènes transmis d'une génération à l'autre, influence l'apparition et la répartition de nos zones graisseuses par le biais des hormones, des enzymes mais aussi bien sûr, par le biais de l'alimentation.

Lorsqu'une personne est en bonne santé, la graisse fait l'objet d'une régulation précise si ce n'est parfaite. Les femmes engraissent plus que les hommes en prévision de leur future gestation, tandis que les hommes doivent faire le poids face à leurs adversaires. Mais dans la nature aucun animal ne devient obèse. Même s'ils ont une nourriture abondante, les animaux sauvages maintiennent un poids stable. Quand ils emmagasinent de grandes quantités de graisse il y a toujours une raison. Les écureuils, par exemple, doublent leur quantité de graisse corporelle à la fin de l'été en quelques semaines en prévision de leur hibernation, quelle que soit la quantité de nourriture qu'ils absorbent. On a même fait l'expérience de les enfermer au printemps jusqu'au moment de l'hibernation en les soumettant à un régime strict, et ils avaient autant grossi que leurs congénères qui pouvaient manger à volonté. Et qu'ils restent éveillés dans un laboratoire chauffé avec de la nourriture à volonté, ou qu'ils entrent totalement en hibernation (c'est-à-dire qu'ils ne mangent plus du tout) ils brûleront ces réserves au même rythme.

On comprend donc que la graisse corporelle de ces animaux est entièrement régulée par des facteurs biologiques et ne dépend pas de la consommation de leur nourriture. On comprend mieux pourquoi un régime fonctionnera mieux au printemps qu'à l'entrée de l'hiver. Nous sommes programmés pour prendre plus de poids l'hiver au cas où. Mettons dans un coin de notre tête, que les animaux carnivores sont toujours minces (à part les ours polaires qui hibernent) alors que de nombreux animaux herbivores sont gros ! (Hippopotame, éléphant, etc... ) Nous le comprendrons plus tard.


L'intelligence du tissu graisseux 


Un organisme en bonne santé est minutieusement régulé. Tous ses systèmes fonctionnent de façon harmonieuse et la graisse n'y fait pas exception. Si on est affecté d'un cancer, d'une maladie cardiaque, d'un diabète, c'est le signe flagrant que ce système de régulation ne fonctionne pas bien. Et quand un individu accumule de la graisse en excès, cela démontre que son système de régulation est perverti par quelque chose. Mais quoi?

En 1940 Hugo Rosny nous décrivaient sa conception de l'obésité : « en raison de quelque anomalie du tissu adipeux des personnes obèses, ce tissu absorberait plus rapidement le glucose et les lipides présents dans leur sang à partir d'un seuil plus bas que la normale, et résisterait, par ailleurs, davantage qu'un tissu adipeux normal, à la mobilisation des graisses, lorsque l'organisme aurait besoin de calories pour disposer d'énergie. Cela entraînerait chez les personnes concernées, une augmentation de la sensation de faim ainsi que de l'apport calorique, une grande partie des aliments ingérés seraient de nouveaux accaparés par l'insatiable tissu adipeux, et ce processus se répéterait juste qu'à ce qu'une obésité généralisée s'ensuive. »

La sensation de faim est si terrible et tenace que dans le livre de l'Apocalypse elle figure parmi les 3 pires fléaux de l'humanité aux côtés de la guerre et de la mort. La suralimentation et la paresse sont les effets secondaires d'un dérangement du système de régulation qui entraîne un détournement et un stockage important des calories vers le tissu adipeux.

Pourquoi grossit on ?


On sait depuis 1930 que nos cellules graisseuses libèrent en permanence de la graisse qui circule dans notre sang pour y être utilisé comme carburant et qui, si elle n'est pas brûlée y retourne. Tous les jours notre graisse et expulsée par nos adipocytes ( cellules graisseuses) pour fournir du carburant à nos cellules qui les brûlent pour en tirer de l'énergie. On croit que les glucides représentent le carburant privilégié de notre organisme. Or c'est faux! C'est seulement que nos cellules brûlent ses glucides avant les graisses. Il s'agit d'une priorité, non d'une préférence car c'est en brûlant les glucides avant les graisses que notre corps maîtrise notre taux de sucre dans le sang après les repas. Si vous mangez beaucoup de blé, de boissons sucrées, de fruits, et de céréales, vous aurez plus de glucides à brûler avant de pouvoir exploiter vos graisses. 

En effet, imaginons que vous ayez un repas constitué de graisses et d'aliments sucrés, les graisses une fois digérées, sont indirectement acheminées vers vos cellules graisseuses où elles seront mises de côté temporairement pendant que votre organisme s'occupera des glucides qui exigent qu'on s'occupe d'eux tout de suite.

Tout votre corps va se mettre en action pour brûler ce glucose, le transformer en énergie et le mettre de côté pour constituer ses réserves de secours. Cette opération doit se faire très rapidement et vos cellules vont avoir besoin d'aide et cette aide c'est le pancréas qui va leur fournir, via la production d'une hormone qu'on appelle l'insuline. L'insuline a un rôle majeur : elle maîtrise votre taux de sucre dans le sang. Le problème c'est qu'il suffit que vous pensiez à manger pour que sa sécrétion démarre! C'est pourquoi la frustration fait grossir !

Le glucose se stocke dans les cellules musculaires sous forme de glycogène, il se stocke également dans le foie sous forme de glycogène* et de graisse, et les cellules graisseuses le stockent sous forme de graisse.

Quand la glycémie et le taux d'insuline commencent à baisser, vos cellules graisseuses libèrent une quantité de plus en plus importante de lipides. Plus le temps passe après un repas, plus l'organisme brûle de la graisse et moins il brûle de glucose pour fournir le carburant nécessaire à nos cellules. C'est un système permanent : on grossit légèrement pendant et après le repas et on mincit en dormant. Pourquoi en dormant ? Parce qu'on ne pense pas à manger, et que normalement, on n'est pas stressé...

Dans les années 60 le physiologiste Ernst Wertheimer, nous dit que "le tissu adipeux est le principal site de régulation active de stockage et de mobilisation d'énergie, l'un des mécanismes majeurs de contrôle, responsables de la survie de n'importe quel organisme".

Donc l'entrée et la sortie des lipides de nos adipocytes se fait en permanence. Il y a 2 formes de graisse corporelle qui ont une action différente. Retenez que c'est une question d'acides gras et de processus de dégradation qui, s'ils sont à associer dans certains cas, vont former des triglycérides qui favorisent le stockage des graisses et la prise de poids. Et l'hormone qui régit ce système complexe est l'insuline.

Plus nous absorbons de glucides, plus nous sécrétons de l'insuline pour maîtriser notre glycémie, et comme l'insuline est le principal régulateur du métabolisme des graisses, plus il y aura de graisses détournées de la circulation sanguine vers ces adipocytes, pour y être stockées. 

Vous vous souvenez que l'enzyme LPL agit pour faire engraisser nos cellules adipeuses; il y a une autre enzyme, la lipase hormono sensible ou HSL qui elle, agit pour faire mincir ces mêmes cellules. Plus la HSL est active, plus elle libère de la graisse pour la brûler et produire de l'énergie.

Or, l'insuline inhibe cette enzyme HSL et il suffit que notre taux d'insuline soit légèrement élevé pour que les lipides s'accumulent dans nos adipocytes.

Donc, si on mange quotidiennement des aliments faisant monter notre taux d'insuline,( nous en parlerons plus tard), on va emmagasiner de la graisse et si notre organisme ne dispose pas suffisamment de place il va créer de nouveaux adipocytes qu'il va ensuite remplir de graisse.

L'insuline va alors informer les cellules du foie et leur demander de reconditionner des acides gras sous forme de triglycérides, forme de graisse très résistante, au lieu de les brûler pour nous fournir de l'énergie.


Comment ça marche ?


Rien qu'en pensant à ce bon gâteau que vous allez manger, vous commencez à sécréter de l'insuline. L'insuline envoie le signal de libérer des acides gras (en inhibant l'HSL), et d'en extraire davantage de la circulation sanguine via la LPL. Vous commencez à avoir faim, les crampes arrivent et vous commencez à manger. Vous sécrétez alors plus d'insuline. Et une fois le gâteau digéré, les sucres se retrouvent dans le sang sous forme de glucose, ce qui entraîne une augmentation de votre glycémie. Vous sécrétez alors plus d'insuline. La graisse de votre gâteau, que ce soit de l'huile ou du beurre, est stockée dans vos cellules graisseuses sous forme de triglycérides. Et une partie des glucides est transformée en graisse par votre foie. Vos cellules graisseuses engraissent et vous par la même occasion. Il faudra attendre que le taux d'insuline baisse pour éventuellement que le processus de libération des graisses recommence. Mais si vous mangez 3 fois par jour des aliments à base de blé, que vous consommez des boissons sucrées ou de la bière, et que vous mangez des pommes de terre à de nombreux repas, votre graisse ne pourra plus s'extraire de ses cellules. Et vous rentrez dans un cercle vicieux.


L'expérience du docteur William Davis


Le docteur William Davis est cardiologue américain et pratique, comme tous les médecins devraient le faire, une médecine préventive plutôt que curative.

Ayant découvert son intolérance au gluten, il fit de nombreuses recherches que vous trouverez dans son livre "pourquoi le blé nuit à votre santé". 

Il fit l'expérience suivante :

il mesura son taux de glycémie à jeun qui était de 84 mg par décilitre et il mangea 120 g de pain de petit épeautre. Sa glycémie monta à 110 mg par décilitre, ce qui est normal, et il n'observa aucun effet indésirable.

Le lendemain, il mesura toujours sa glycémie à jeun qui n'avait pas bougé, c'est-à-dire 84 mg par décilitre et il mangea 120 g de pain complet normal. Sa glycémie monta à 167 mg par décilitre pendant plusieurs heures et il eut des malaises pendant presque 2 jours. Il nous confie qu'il se sentait nauséeux sur le point de rendre son repas, qu'il a eu des crampes d'estomac qui se sont manifestées presque au début et se sont prolongées pendant plusieurs heures et que son sommeil était agité et rempli de rêves perturbants, qu'il était confus et n'arrivait pas à comprendre le sens des articles scientifiques qu'il lisait, reprenant le même paragraphe 4 ou 5 fois. Il a dû finalement abandonner. Il lui a fallu presque 2 jours pour retrouver son état normal. La conclusion est claire : le blé fait monter le taux de glycémie plus haut que le sucre et plus longtemps.


Sources : FAT pourquoi on grossit de Gary Taubes aux éditions Thierry Souccar, pourquoi le blé nuit à votre santé du docteur William Davis aux éditions de l'homme, et ma propre expérience.

*glycogène: glycogène, qui est un polysaccharide, est la forme sous laquelle les glucides sont stockés dans l'organisme. Le glycogène est décomposé en molécules de glucose lorsque le corps a besoin d'énergie.

3 / 09 / 2021