18 / 08 / 2022

Prendre soin de sa bouche, le miroir de notre santé

On sait aujourd’hui que c’est dans la bouche, porte d’entrée de notre monde intérieur, que commencent de nombreuses maladies… et donc inversement, notre bonne santé générale, tant physique que psychologique, ainsi que notre qualité de vie et même notre longévité en dépendent ! Je vous propose aujourd’hui de partir à la découverte de cet écosystème global, complexe, à l’équilibre délicat, que constitue notre bouche - où le microbiote buccal joue bien sûr un rôle central -, ses ennemis et ses bienfaiteurs, et ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire, pour le préserver. Ce, au-delà des simples règles d’hygiène bucco-dentaire qui restent bien entendu centrales et indispensables.

"Si tu ne sais pas d’où vient la maladie, ouvre la bouche de ton patient et tu sauras"1.

Le palais, la langue, les muqueuses, les gencives, les dents, nous donnent de nombreux indices sur notre état de santé, ainsi que l'air que nous expirons , notre haleine en un mot…

Vous êtes sujet aux aphtes récidivants, vos gencives saignent régulièrement, vous avez souvent des caries, soyez vigilant : ceci vient vous parler d’un déséquilibre de votre microbiote buccal qui doit être pris au sérieux et combattu dès que possible : les pathogènes ne doivent pas aller plus loin et essaimer vers d’autres organes (Le microbiote buccal : si toute maladie commençait dans la bouche ?). Depuis la bouche, en effet, tout est connecté, de l’intestin au système nerveux.

Virus, bactéries, carences… Tout se lit dans notre bouche, miroir de notre santé, pour reprendre l’expression du Dr Bruno Donatini2 dont il a fait un livre à mettre entre toutes les mains, et dont je m’inspire d’ailleurs largement ici. L’avenir médical, dit-il, ne se lit pas dans les lignes de la main, mais bien dans la bouche.


Un univers complexe

Notre bouche est un univers complexe composé à la fois de muqueuses, de glandes (salivaires) et d’organes (langue et dents) où se déroulent plusieurs fonctions essentielles à la vie telles que la mastication, la salivation, la déglutition et la phonation3.

Lieu de passage (avec le nez), point de contact entre l’extérieur et l’intérieur, elle est la porte d’entrée indispensable des aliments que nous mangeons et de l’air que nous respirons, mais aussi des microbes et des poussières. Un univers, en somme, particulièrement sale et fragile !


Premier centre de tri et de nettoyage : notre flore buccale

Heureusement, notre flore buccale - la deuxième la plus abondante dans notre corps après l’intestin - veille au grain pour empêcher les vilains germes de rentrer, ce de façon très efficace… Si tant est qu’elle est en eubiose, évidemment. Avec un microbiote à l’équilibre, l’ensemble des surfaces de la bouche étant colonisé par des bactéries commensales, il reste peu de place pour la fixation des agents pathogènes.

Or, les facteurs de déséquilibre ne manquent pas (j’y reviendrai), ce qui n’a rien d’étonnant au vu de la complexité de la chose. Au carrefour de plusieurs voies de notre organisme, la flore buccale doit composer avec différentes flores intérieures, les « déchets » d’organes voisins, ainsi que les flores extérieures.

Notre flore buccale a en effet la particularité de se situer au carrefour des voies de la sphère ORL (qui comprend le nez, les oreilles, la gorge et le larynx), de celles qui mènent aux poumons (toux et respiration) et à l’estomac (reflux), mais aussi celle d’être en contact de la peau, de la plaque dentaire et des espaces entre les gencives et les dents. Or, comme vous le savez, les microbiotes du nez, des sinus, des alvéoles pulmonaires, de l’estomac et de la peau sont différents…

Par ailleurs, elle doit composer avec des flores extérieures très changeantes, variant en fonction des aliments que nous mangeons et de leur cuisson, de la saison, de la géographie ou encore des coutumes, ainsi qu’avec les différentes flores intérieures recueillant - au moins en partie - ce dont se débarrassent les organes voisins : les reflux gastriques, et donc de la flore de l’estomac, les écoulements provenant des sinus, la toux et les crachats provenant des poumons…4.


Une bouche, trois flores (ou « biofilms »)

Pour ajouter encore à la complexité de la chose, outre un biofilm interne, notre bouche possède un biofilm muqueux, lui-même composé de plusieurs couches (par exemple de couches supra-gingivale et infra-gingivale), et une flore passagère, dans la lumière5.

Ces biofilms sont spécialisés en fonction de l’endroit où ils prospèrent et leur fonctionnement dépend des nutriments qu’ils collectent sur place, du pH local - qui dépend en grande partie du reflux gastro-œsophagien, et de l’oxygène local, qui dépend de l’existence ou non d’anfractuosités gingivo-dentaires.

Au sein de ces microbiotes, les bactéries (771 espèces différentes de bactéries buccales ont été dénombrées à ce jour6, chacun d’entre nous abritant 100 à 200 de ces espèces, et disposant d’un cocktail de bactéries spécifiques) cohabitent avec divers autres micro-organismes, notamment les virus (comme l’herpès ou le papillomavirus), les bactériophages (communément appelés phages) et les levures (dont le fameux Candida albicans).

Les bactériophages, littéralement « mangeurs de bactéries », constituent un type de virus fondamentaux. Chaque bactérie peut en contenir d’une centaine à plusieurs milliers. Les phages préservent les bactéries dans lesquelles ils restent quiescents (au repos) et exterminent littéralement toutes les autres bactéries, assurant ainsi la stabilité de la symbiose. Les phages sont extrêmement nombreux dans la bouche et représentent probablement la protection buccale la plus efficace7.


Une kyrielle de germes regroupés en trois familles principales

Il n’existe que trois grands types de familles de microbiotes buccaux, du meilleur au pire : la flore Streptococcus, la flore Prevotella et la flore de charognards.

La flore Streptococcus. est une flore plutôt aérobie ou aérotolérante8 composée des bactéries de la famille des streptocoques et des lactobacilles.

Elle est considérée comme normale en raison du fait qu’elle existe chez les personnes en bonne santé. Elle tapisse les dents et les muqueuses, dont elle permet la préservation, ainsi qu’une bonne absorption des sucres (énergie), des protéines (muscles), et la synthèse du monoxyde d’azote, dont le rôle est essentiel pour une bonne santé générale. Je vous en reparlerai en détail ensuite. C’est la flore idéale, vers laquelle il faut tendre.

La flore Prevotella est une flore agressive et plutôt anaérobie, c'est à dire qu'elle vit sans oxygène (on retrouve les bactéries anaérobies en particulier dans les sillons gingivaux9 enflammés, et chez les personnes qui produisent du tartre). Elle est riche en bactéries de la famille des Prevotella, ou camphylobacters et résulte soit d’une génétique défectueuse, liée à une synthèse basse d’interférons, soit – le plus souvent – d’un environnement inadéquat. Notamment, des carences en apports (surtout en vitamine D, fluor, zinc), une flore familiale agressive (riche en Propionibacterium acnes avec acné, psoriasis, rhumatisme articulaire aigu…), le tabagisme ou encore une grande humidité ambiante.

Cette flore est responsable de caries précoces, voire sévères, pouvant évoluer en abcès aboutissant à des dévitalisations. Un herpès virus peut s’exprimer, ou encore un zona, un Covid-19 symptomatique ou un papillomavirus, en raison d’une immunité antivirale insuffisante. Une acné peut apparaître à l’adolescence ou encore une peau très sèche, faisant le lit d’un futur psoriasis. Le nez étant proche de la bouche et porteur du même type de microbiote est souvent irrité, voire bouché.

On retrouve un terrain allergique avec éternuements, écoulement nasal abondant, souvent très influencé par la dysbiose rattachée à la prise de sucres rapides, dont le lactose.

On retrouve également dans cette flore Helicobacter pylori10, Fusobacterium nucleatum et Porphyromonas gingivalis11.

Plus ça va, moins ça va, et le troisième type de microbiote buccal rencontré, c’est la flore de charognards où l’on retrouve les bactéries de la famille des Fusobacterium nucleatum. Cette flore facilite la dissémination d’agents infectieux et l’essaimage des cellules tumorales. Il s’agit d’une flore Prevotella altérée ou vieillie, qui concerne les adultes malades, avec destruction massive des muqueuses et reconstruction désordonnée. Du lourd!

Les causes : Elle peuvent être en corrélation avec un déficit immunitaire génétique sévère (rarement), une atteinte précoce et importante par des virus, une cause toxique extérieure (alcool festif avec ivresse, exposition à des agents mutagènes comme le tabac, ou consommation de médicaments immunosuppresseurs) ou des erreurs alimentaires répétées (farines contenant des levures ou des mycotoxines, excès de nickel ou de gluten).

Les dents sont gâtées et les gencives, sanguinolentes, abritent des germes charognards (véritable gangrène de surface), voire des amibes qui tentent vainement de brouter les déchets laissés sur le champ de bataille. Plus rien n’arrête les virus, qui altèrent les tissus profonds, arrivent au contact des neurones, et seront transportés vers le cerveau12.

Enfin, les antibiotiques, ayant été automatiques pendant de nombreuses années, avant que l’on prenne conscience que c’était une catastrophe, et la chasse aux microbes ayant poussé à un hygiénisme à outrance, on peut rencontrer un quatrième type de biofilm ainsi que le souligne le Dr Donatini. Celui, donc, qui a été appauvri par des antibiothérapies drastiques ou répétées, ou par un excès d’hygiène avec l’utilisation de désinfectants buccaux, mais aussi des bains réguliers en piscine, une consommation d’aliments avec des produits industriels stériles, l’absence de contact avec la terre et les aliments « bio ». C’est la flore typique d’une personne en surpoids ou avec obésité. Les flores pauvres produisent de grandes quantités d’acides gras et se retrouvent fréquemment chez les personnes en surpoids.


La bouche, un écosystème global à préserver

La flore – enfin, les flores pour être plus exact -, la salive, les muqueuses, les muscles masticateurs, la langue et les mâchoires sont fortement intriqués et essentiels non seulement au bon fonctionnement physique (immunité, force musculaire, systèmes enzymatiques et réflexes divers), mais aussi plus largement au bien-être, qui comprend l’estime de soi, une bonne gestion du stress ou encore la qualité de notre sommeil : oui, tout cela dépend aussi de la bonne santé de l’écosystème de notre bouche.

La flore buccale est garante du bon fonctionnement de tous les organes par le biais de la fabrication d’un gaz extrêmement important : le monoxyde d’azote ou oxyde nitrique (NO). Il est indispensable non seulement au bon fonctionnement du tube digestif, mais aussi d’un grand nombre d’organes. Or, une synthèse adéquate de NO ne peut se faire qu’en présence d’une flore buccale diversifiée, à même de transformer les nitrates en nitrites.

Le point de départ de la fabrication du monoxyde d’azote, ce sont en effet les nitrates13, des composés chimiques naturellement présents dans le sol, l’air, l’eau, les légumes…

Les nitrates provenant des légumes ingérés sont absorbés par le jéjunum (premier segment de l’intestin grêle, juste après le duodénum). Ces nitrates circulent dans le sang, puis sont captés par les glandes salivaires pour y être concentrés vingt fois, concentration nécessaire à l’action des réductases, les enzymes qui vont transformer les nitrates en nitrites. Ces derniers vont être absorbés également par le jéjunum et, enfin, servir à la production de monoxyde d’azote dans tous les organes périphériques.

Le monoxyde d’azote ainsi produit est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme : il permet la vasodilatation (donc une baisse de la tension artérielle et une meilleure perfusion des tissus, c’est-à-dire un meilleur approvisionnement en nutriments et en oxygène), la relaxation des sphincters (donc une meilleure vidange de l’estomac et de l’intestin) et une meilleure immunité. Reconnu comme un facteur clé dans le développement et le fonctionnement du placenta et de la croissance embryonnaire, le monoxyde d’azote se révèle également un excellent antiviral, très efficace notamment contre les herpès et le Sars-Cov214, un excellent biofilm, en particulier contre Prevotella, et un protecteur cardiaque : sa concentration est inversement proportionnelle à celle de l’homocystéine, un marqueur fiable du risque cardiovasculaire.

Il participe également à l’autophagie (mécanisme de destruction et de recyclage des éléments indésirables au sein même de la cellule).

Enfin, le taux de monoxyde d’azote est corrélé à la qualité de la vidange gastrique et au taux d’acide urique, qui, quand il est modéré (entre 40 et 50 ng/l15), est le plus puissant antioxydant naturel connu. Il prolonge la demi-vie du monoxyde d’azote.

Le MO est le plus grand protecteur du système nerveux autonome digestif qui gère l’activité motrice (notamment le péristaltisme, c’est-à-dire les mouvements musculaires permettant l’avancée des aliments dans le tube digestif), les sécrétions et la vascularisation.

Pour produire ce gaz, la salive doit être suffisamment concentrée en nitrites. Les légumes, certes riches en nitrates et en nitrites, ne suffisent pas : on sait aujourd’hui que le végétarisme n’augmente pas la flore productrice de NO. Ce sont les bactéries vivantes – synthétisant des réductases – qui sont bénéfiques. Il nous faudra donc manger des légumes riches en endobactéries – de préférence donc des légumes bio (verts surtout) qui ont poussé au contact de la terre – susceptibles de coloniser nos muqueuses et de produire localement du NO.

L’ortie séchée, le chénopode blanc, la betterave rouge ou la carotte contiennent de nombreuses endobactéries. Les pleurotes contiennent quant à elles une bactérie protectrice : Bacillus pumilus.

La qualité de la salive et de la mastication

La qualité de la salive et de la mastication (liée au nombre de dents et à la force de la mâchoire) participent également de la préservation de l’écosystème de notre bouche. Plus les aliments sont triturés, mieux ils sont imprégnés par les enzymes contenues dans la salive dont la qualité – la richesse de sa flore, et sa richesse enzymatique, notamment en lysozyme – enzyme bactérienne -, pH élevé donc peu acide – déterminera la qualité de la digestion des féculents.

Une salive de bonne qualité participe aussi à la protection des dents et des gencives. Qui plus est, des mouvements mandibulaires puissants favorisent probablement la vascularisation des tissus, et donc l’aérobiose (la richesse en oxygène), et diminuent la présence des bactéries anaérobies, nos principaux ennemis.

La fonction orale (salivation, mastication, déglutition, phonation, etc.) favorise la synthèse de NO et d’acide urique.

Le NO étant produit par la flore buccale aérobie, l’oxygénation induite par les mouvements buccaux (langue, joues, muscles masticateurs, muscles pharyngés pour la déglutition) permet de protéger cette flore.

Or, avec l’âge, la qualité de la mastication se dégrade car la force de fermeture de la mandibule diminue, ce qui a aussi un impact sur la sécrétion salivaire, directement corrélée à cette force.

La force masticatoire dépend aussi du taux de testostérone chez l’homme et d’œstrogènes chez la femme, ou de leurs précurseurs la prégnénolone et la célèbre DHEA, qui chutent lors de l’andropause et la ménopause. Cette chute hormonale a pour effet moins connu, le ralentissement du fonctionnement des glandes salivaires au fil du temps (pic d’activité à 20 ans pour l’homme, vers 40 ans pour la femme).

Il est indispensable, pour lutter contre les signes du vieillissement (après 50 ans), de conserver des fonctions buccales enzymatique et motrice intactes. L’acide hyaluronique et les greffes osseuses ne seront pas suffisantes car elles ne préservent aucunement la qualité de la salive ou de la flore buccale.

L’acide hyaluronique, puisqu’on en parle, est une des trois autres substances produites en grande quantité par la bouche (avec le monoxyde d’azote et le neuronal growth factor (NGF), ou facteur de croissance nerveuse) jouant un rôle majeur dans la longévité.


Les principaux ennemis de la bouche

Le sucre sous toutes ses formes

Tous les sucres fermentent, une alimentation sucrée favorisent les bactéries cariogènes

Le tabagisme, l’alcool ou les acides favorisent les atteintes des muqueuses ou de la langue

Les vinaigres et autres produits fermentés ( d'où l'importance de boire le vinaigre du début du repas avec une paille, comme je l'ai expliqué dans ma révolution glucose)

Les antibiotiques

Les huiles essentielles par voie orale

L’argent colloïdal

Les médicaments

Les bains de bouche du commerce (qui appauvrissent la flore)

Les bains en piscine

Le tabagisme et les poussières environnementales* : l’aspergillus par exemple, une moisissure que l’on trouve dans les lieux humides et qui colore les murs et les parquets des appartements affectés par un dégât des eaux ou un défaut de ventilation. Ou encore les grains de silice ou des microparticules dégagés par les moteurs diesel

Les mauvaises habitudes (se servir des dents pour défaire un nœud, déchirer du scotch, tenir des vis ou des clous, se ronger les ongles en respirant par la bouche)

Le sport intensif

Les infections virales.

Les bons gestes à adopter

Ils reposent sur trois règles d’or, qui auront une incidence tant sur la qualité que la durée de vie : la bouche doit être propre, saine et fonctionner de manière optimale.

La bouche doit être propre, sans reflux, ce qui signifie que l’estomac doit se vider complètement et il faut pour cela consommer peu de sucre et de féculents, et pratiquer une activité physique suffisante, permettant une vidange gastrique efficace et régulière.

La bouche doit être saine, sans virus, sans flore agressive, afin de garantir l’absence d’inflammation. Toute inflammation chronique abîme le cerveau.

 La bouche - et, plus globalement, la sphère bucco-nasale - doit fonctionner de manière optimale, ce qui signifie avoir une salivation de qualité, une anatomie adaptée à un excellent mouvement (donc un bon articulé dentaire), une bonne déglutition, une bonne respiration (notamment nasale, avec la bouche cela assèche et est propice aux caries puis gingivites), une bonne ouverture buccale (de l’élasticité), et de la puissance dans les masticateurs (muscles et os).

Éduquer ou rééduquer ces différents fonctionnements peut être nécessaire pour retrouver les automatismes.


Se brosser les dents évidemment

Incontournable, il faut se brosser les dents quotidiennement après chaque repas. Le brossage idéal est réalisé à l’aide d’une brosse à dents à tête plutôt étroite et texture de brins souple, il est doux (les gencives ne doivent pas saigner) et effectué à la verticale, en focalisant sur l’espace entre les dents et les endroits où surviennent les bourrages alimentaires. Il est conseillé de compléter ce brossage avec un fil dentaire (à manier délicatement), un fil avec manche de brossettes inter dentaires ou du jet dentaire (hydropulseur). Évitez les cure-dents.

Si vous êtes sujet au tartre et qu’il sévit malgré tout cela, il vous faudra faire un passage chez le dentiste tous les six mois, voire tous les quatre mois…

Quant aux bains de douche, il faut proscrire ceux de commerce qui appauvrissent la flore. Le bain de bouche à l’eau oxygénée (ou peroxyde d’oxygène), au contraire, va cibler les bactéries anaérobies, dont Fusobacterium ou Porphyromonas. Outre être efficace contre les bactéries buccales (« méchantes »), elle l’est également contre le Sars-Cov-2 ou l’herpès simplex (sans être une protection suffisante à elle seule, comme le précise le Dr Donatini). Contrairement aux idées reçues, l’eau oxygénée n’est pas dangereuse. Une flore buccale saine et diversifiée produit naturellement du peroxyde d’oxygène pour réduire la flore pathogène.

C’est la qualité du brossage qui compte, pas le dentifrice, mais il faudra éviter toutefois ceux qui contiennent, entre autres, du dioxyde de titane (classé mutagène), du triclosan (cancérigène, PE, allergisant, diminuant la diversité du biote) ou du sodium lauryl sulfate (cancérigène, irritant, diminuant la diversité du biote).

Se racler la langue, avec un racloir en métal 3, si possible en cuivre (reconnu pour ses propriétés antibactériennes), fait aussi partie des bons gestes à adopter afin d’éliminer les bactéries indésirables, mais aussi les composés volatils qui donnent mauvaise haleine. C’est utilisé en ayurvéda. En pratique, le matin, au réveil, grattez-vous la langue une dizaine de fois et buvez immédiatement après un ou deux grands verres d’eau à température ambiante.

Il faudra éviter tout ce qui peut rayer l’émail, notamment le charbon, les poudres ou l’argileuse, sauf l’eau argileuse, et tous les mélanges d’huiles, extraits de plantes et autres désinfectants, dont on ne connaît pas les effets sur la flore. Et n’utilisez jamais d’huiles essentielles par voie directe dans le nez (ce qui mène directement aux poumons !), ce qui tue la flore et abîme les muqueuses et nerfs autonomes.


Une alimentation adaptée

En cas de flore déséquilibrée ou de troubles digestifs, un régime pauvre en FODMAPs (Lien vers article) apparaît le plus adapté pour le dr Donatini. En ce qui me concerne j'opterai plutôt vers le régime sans lectines ( articles lectine). S’il s’avère insuffisant, il faudra adopter un régime sans alcool et très pauvre en sucres ou en sucres lents (moins de blé, d’orge, de seigle, pas de maïs). Vous devrez blanchir vos légumes, cela préserve de mycotoxines éventuelles16, personnellement je les blanchis au Vitaliseur, et limiter drastiquement les produits riches en nickel, tels que le chocolat, les noisettes, le soja, les laits végétaux, les crustacés et les confiseries.

Les aliments seront bio de préférence. Les endobactéries que contiennent les légumes protègent nos muqueuses, produisent du monoxyde d’azote et participent ainsi à la bonne vascularisation et à l’élasticité de nos tissus. On l’a déjà dit.


En matière de compléments alimentaires

La mastication des aliments est bien plus bénéfique pour la muqueuse buccale que le simple ajout de compléments alimentaires (même les plus purs et les plus concentrés) sur une langue, souligne le Dr Donatini.

Les conseils nutritionnels visent surtout à conserver la force musculaire, la qualité des os et de la vascularisation, des principes qui valent pour l’ensemble du corps. Ainsi, en termes de compléments alimentaires, on ne supplémentera en zinc, seulement si le dosage confirme un taux bas. On supplémentera systématiquement en revanche en en vitamine D2/D3, souvent en folates, parfois en B12, rarement en vitamine A.


Contre les virus : l’appel de la forêt

Pour combattre les virus de la cavité buccale, le Dr Donatini préconise des produits naturels immunostimulants, comme le Coriolus versicolor ou le Phellinus linteus, deux champignons qui poussent couramment dans nos forêts. La prise de vitamine D2/D3 à la dose de 4 000 UI/jour augmente leur effet immunostimulant.

La lutte antivirale vitamine D2/D3 + Coriolus versicolor ou Phellinus linteus dure plusieurs mois, quelquefois deux à trois ans, jusqu’à ce que les muqueuses, la salive et la flore soient réparées.


Éliminer les bactéries indésirables

La meilleure arme pour éliminer ces dernières, essentiellement Fusobacterium nucleatum, Porphyromonas gingivalis et Propionibacterium acnes, c’est une hygiène buccale irréprochable et des bains de bouche à l’eau oxygénée diluée, une à deux fois par jour selon l’inflammation. Ce pendant plusieurs moins, voire deux ans à trois ans.

Trois autres méthodes existent, que l’on peut combiner : les huiles essentielles microdosées (à des doses infimes de l’ordre du 30e de goutte par jour en une à deux prises quotidiennes), dont le choix dépendra du type de flore, les bactéries concurrentes ; les bactéries agressives ayant tendance à remplacer les bactéries productrices de NO, il faut reconstituer la flore nitrogène en « mangeant » les endobactéries contenus dans les fibres des végétaux (roquette, ortie, chénopode blanc, carotte, betterave rouge ou encore les pleurotes qui contiennent à elles seules une bactérie protectrice : Bacillus pumilus). Et la protection des muqueuses par des polyphénols issus des végétaux et dont il existe trois grands types: le resveratrol (raisin noir) , la curcumine (curcuma) et les esters de caféine (produits dans les feuilles et les écorces des arbres).

Afin de faire d’une pierre trois coups : fibres + endobactéries + polyphénols, le Dr Donatini préconise de sélectionner les produits les plus riches en fibres : le totum des plantes ou des écorces, très riches en rutine, apigénine ou bétuline. On obtient ainsi un effet matrice. L’idéal est d’utiliser des écorces alimentaires (bouleau, tremble, frêne, aulne, etc.), voire des graines (lin, psyllium noir) finement moulues, afin d’enrichir en fibres les compotes, les purées, les pâtes, etc.


Changez d’air le plus souvent possible

Parmi les bons gestes à adopter, n’oubliez pas de changer régulièrement d’environnement, qui peut nuire à la flore buccale, en ne restant pas trop longtemps à la même table de travail, dans la même pièce, etc. Aérez bien sûr, et sortez ! Dépensez-vous, touchez la terre, les plantes et les animaux ! La terre couverte de végétaux est probablement le meilleur milieu pour collecter les bactéries (et les bactériophages) propices à l’inoculation de nos muqueuses en cours de réparation, comme le souligne le Dr Donatini.

J'utilise un appareil qui régénère l'air de votre pièce sur tous les plans depuis quelques mois et je dois dire que je sens réellement la différence, je vous en reparlerai peut être plus tard*...Seul souci, c'est assez cher...

Bien mastiquer, bien saliver

Bien mastiquer, broyer en tout petits morceaux (lien vers l’article sur la mastication), posséder une mandibule bien mobile et des dents bien articulées, bien déglutir, bien saliver. La salive doit être abondante, être propulsée vers l’arrière lors de la déglutition, pas vers l’avant (comme il est trop souvent fait). Pour stimuler la salivation, on peut utiliser des astuces toutes simples comme mâcher des chewing-gums sans sucre ou garder un noyau (de pruneau ou d’olive) dans la bouche. Qui plus est, cela coupe l’appétit (surtout si l’on y ajoute une petite quantité d’épices) et désinfecte les muqueuses, tour en activant de multiples fonctions orales et en diminuant le stress. Bien respirer : respirer lentement par le nez permet de travailler la cohérence cardiaque, donc le nerf vague, et de ne pas assécher la bouche. C’est bon pour le diaphragme et les poumons, l’oxygénation des tissus et la vidange gastrique.

Soyons conscient d'une chose: chaque période de la vie a ses problématiques spécifiques : depuis l’aube de notre vie, où nous étions protégés par les anticorps maternels, à son crépuscule où il faut faire avec le vieillissement, y compris celui des os de la face et de la mandibule, des dents qui perdent leur socle et les gencives qui abandonnent les collets aux bactéries et aux acides, en passant par les premiers baisers et autres nombreuses rencontres avec différents virus et autres germes indésirables au cours de la vie. En prenant de l’âge, il faudra redoubler d’efforts.

De 55 à 75 ans, il faudra toujours se supplémenter pour éviter les carences et les restaurer. Tout doit être fait pour conserver les os, les muscles et les fonctions avec la prise de phyto-œstrogènes ou traitement hormonal substitutif à faibles doses, avec des hormones naturelles, de la vitamine D et du calcium, de l’activité physique et un contrôle strict de la glycémie qui ne doit pas dépasser 0,95 g/l.

La metformine aide à lutter contre la dysbiose buccale et la maladie parodontale, tout comme les champignons Phellinus linteus et shiitaké.

Outre l’activité physique, le gainage, le yoga, le qi jong, la respiration nasale ou la cohérence cardiaque peuvent permettre de récupérer une fonction vagale (Lien vers Stimuler le nerf vague). À ce propos, ll existe un petit appareil pour stimuler le nerf vague, que le Dr Donatini prescrit souvent : Urostim2®, qui améliore souvent le sommeil, le transit, la vidange gastroduodénale, et baisse l’inflammation, y compris buccale. À n’utiliser en revanche qu’après avoir éradiqué les virus.On ne stimule pas le nerf vague avant la maîtrise des virus.

Après 75 ans, il faudra se supplémenter, réparer et insister pour maintenir les fonctions vitales. Les fibres et les légumes riches et endobactéries sont plus que jamais indispensables. La lutte contre les virus et les bactéries complètent la prise en charge. La stimulation du nerf vague peut aider à récupérer muqueuse et mouvements digestifs.

L’activité physique est la meilleure alliée de la respiration, de la posture, de l’autonomie et de la socialisation. Diverses pratiques permettent aussi d’entretenir le bon fonctionnement de sa bouche : discuter, fredonner, respirer amplement, lire à voix haute en articulant…

Pour conclure, prendre soin de sa bouche, c’est certes prendre soin de soi, de sa santé tant physique (moins de pathologies sévères en cas de contamination) que psychologique, mais aussi de la santé de l’autre, c’est améliorer la santé collective : une personne saine en effet transmet moins de virus. À bon entendeur!


Marion Kaplan

*

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Au long cours cet effet combiné permet d’optimiser la régénération cellulaire, et l’énergie en agissant sur l’activité mitochondriale et la réduction du stress oxydatif


Notes :

1- Proverbe arabe

2 – Le Dr Bruno Donatini est gastro-entérologue-hépatalogue, diplômé en cancérologie, immunologie, ostéopathie et médecine anti-âge. Il s’investit depuis 25 ans dans la mycothérapie (traitement par les champignons alimentaires) et l’hygiène de vie pour améliorer l’immunité, la flore et la muqueuse digestive, ou la préservation du système nerveux autonome

La bouche, miroir de votre santé, Dr Bruno Donatini, Éd. Flammarion

3 - On sait aujourd’hui que c’est grâce au langage articulé que la lignée des sapiens sapiens a pu se perpétuer, déjà cité en note 2

4 – déjà cité en note 2

5 - la lumière d’un organe creux désigne l’espace intérieur circonscrit par ses parois

6 - Selon le Human Oral Microbiome Database, réalisé en collaboration avec la faculté dentaire de Harvard

7 – déjà cité en note 2

8 – se dit d’un organisme anaérobie procaryote qui n’utilise pas le dioxygène pour son métabolisme mais dont la présence n’est pas dangereuse pour lui

9 - espaces entre les dents et la gencive

10 – Helicobacter pylori est détectable par des tests minutes sur prélèvement salivaire

11 - Fusobacterium nucleatum et Porphyromonas gingivalis sont détectables sur les collets dentaires par une fluorescence verte ou rouge (selon les filtres et l’éclairage employés)

12 - déjà cité en note 2

13 - Ne pas confondre les nitrates d’origine végétale et les nitrates ou nitrites ajoutés aux charcuteries, et qui vont se transformer en nitrosamines – produits cancérigènes – au contact des acides amines de la viande

14 - évalué avec succès dans certaines unités de soins intensifs : il diminue la mortalité et les séquelles fibreuses pulmonaires dues au Covid-19, mais aussi la carcinogenèse colique

15 - Au dessus, il y a inflammation. Un taux bas d’acide urique est associé à toutes les maladies neurodégénératives, la SEP, la SLA et la dépression

16 - Les mycotoxines sont des molécules extrêmement toxiques au niveau hépatique, neurologique ou sur les muqueuses) synthétisées par des moisissures qui prospèrent sur les aliments sucrés ou les céréales. Elles résistent à de fortes températures. Certaines sont mutagènes et pro-tumorales. Les aliments bio se conservent moins longtemps, fermentent davantage et peuvent contenir plus de mycotoxines : inspectez-les avant consommation et, si possible, blanchissez-les.


Marion Kaplan & Myriam Marino


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